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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 08:30

Allez, on change encore un peu la forme de base des articles. Avant, c'était un volume un article. Mais bon, multiplier les articles ainsi n'est pas très intéressant (hormis peut-être pour une course au blog rank...). Ensuite, on a eu un article pour 2 volumes d'une même série (avec Ippo), puis un article pour deux volumes de deux séries différentes chez un même éditeur (Bonne nuit Punpun/I am a hero, Les secrets de Léa/Un drôle de père, Ippo/Vinland Saga). Cette fois, non seulement le titre ne dit même pas de quelles séries je vais parler mais en plus, celles-ci seront au nombre de 3 !! Par contre, pour l'éditeur, pas de surprises : il s'agit encore et toujours d'Akata, dont les choix éditoriaux font régulièrement mouche. Comme le titre peut le faire penser également, les 3 séries dont je vais parler touchent aux 3 grands "genres" (entre guillemets parce que l'emploi de ce terme en fait bondir certains...) qui composent le monde du manga : un shojo, un seinen et un shonen. Preuve une fois de plus du large éventail couvert par le catalogue de l'éditeur. Pourquoi cet ordre en particulier ? Tout simplement parce qu'il s'agit de l'ordre dans lequel j'ai lu les titres... (oui, pas besoin de chercher bien loin)

 

 

Commençons donc par le shojo, issu du célèbre magazine Hana to yume (connu notamment pour Fruits Basket) de l'éditeur japonais Hakusensha : Love so life. Dans la lignée de titres tels Un drôle de père ou Les secrets de Léa, la série de Kaede Kouchi nous propose de suivre la jeune Shiharu, 16 ans, dont le rêve est de devenir puéricultrice. Orpheline, elle travaille dans la crèche de l'établissement qui l'héberge (oui, si je dis orphelinat, ça fait un peu redondant...) et se voit confier un nouveau job : celui de baby-sitter de jumeaux de 2 ans (Aoi, le garçon et Akane, la fille) dont l'oncle, présentateur télé, n'arrive pas à s'occuper seul. L'occasion pour la jeune fille d'acquérir de l'expérience tout en goutant un peu à la vie de famille, qui n'est qu'un lointain souvenir pour elle.

 

http://img.manga-sanctuary.com/big/love-so-life-manga-volume-1-simple-58816.jpghttp://img.manga-sanctuary.com/big/love-so-life-manga-volume-2-simple-61514.jpghttp://img.manga-sanctuary.com/big/love-so-life-manga-volume-3-simple-64221.jpg 

 

Avec déjà 3 volumes sortis (le volume 4 sort le 13 mars), il est facile de faire un premier bilan de Love so life, série toujours en cours au Japon avec 11 volumes parus. L'atout principal réside bien entendu dans le côté très "kawaii" d'Aoi et Akane, véritables bouts de chou qui devraient en faire craquer plus d'un. Leurs facéties, leurs remarques, leurs coups de gueule et leurs coups de coeur rythment le récit qui ne laisse pas de côté la romance, avec une relation compliquée qui semble se nouer entre notre héroïne, Shiharu, et son "employeur", Matsunaga. Un fil rouge pour la suite donc. L'auteure nous dévoile également progressivement le passé de Shiharu, ses souvenirs de sa mère, ses désirs de vie de famille, ses manques consécutifs à une vie passée à l'orphelinat... Bref, le contenu est là, les personnages sont convaincants (les petits, Shiharu, Matsunaga, Takeru et Mana, Rio, Oikawa...) et le graphisme est au diapason : typiquement shojo et sans réelle originalité, il a le mérite d'être propre et efficace, sans défaut majeur. Il s'agit donc, encore une fois, d'une très jolie surprise et le côté "éducatif" du titre le rapproche d'autres titres du catalogue Akata Delcourt, comme dit plus haut. En effet, Shiharu donne quelques petites astuces pour s'en sortir avec les tous petits, comment résoudre des conflits, comment les convaincre de faire certaines choses et de ne pas en faire d'autres, comment leur expliquer des choses simples... Et oui, avec Love so life, on apprend des choses ! Un côté éducatif toujours intéressant et offrant une vraie plus-value. On notera un léger souci d'adaptation dans le premier volume, où les expressions japonaises "okaeri" et "taidama" n'ont pas été conservées et ont vu une tentative de traduction par forcément convaincante, notamment si le lecteur n'est pas du tout au fait de ces coutumes nippones. Un détail, mais qui peut déboucher sur une incompréhension.

 

 

Passons à totalement autre chose avec le dernier seinen sorti chez l'éditeur, Zéro pour l'éternité, du duo Naoki Hyakuta (scénario) et Souichi Sumoto (dessins). Terminée en 5 volumes, cette série offre un regard assez unique sur des personnages emblématiques du pays du soleil levant : les kamikazes. Pour aborder ce thème compliqué, cette période complexe, Zéro pour l'éternité utilise le regard de jeunes d'aujourd'hui à la recherche d'informations sur leur grand-père mort pendant la guerre et qu'ils n'ont donc jamais connu. 

 

http://img.manga-sanctuary.com/big/zero-pour-l-eternite-manga-volume-1-simple-63190.jpg

 

On alterne donc les passages dans le présent et les flashbacks. Après ce seul premier volume (le second sortira aussi le 13 mars), on imagine à quoi la suite va pouvoir ressembler : afin d'obtenir des informations sur leur grand-père, Keiko et Kentaro devraient enchainer les rencontres avec d'anciens combattants, ayant connu leur aïeul, qui pourraient faire la lumière sur son caractère et notamment répondre à la question qui pointe le bout de son nez après le témoignage de M.Ishioka... En effet, Kyuzo Miyabe était-il un héros ? Un lâche ? Un terroriste ? Une réflexion très intelligente sur la seconde guerre mondiale vue du Japon, dont les conséquences ont été profondes et ont marqué plusieurs générations. Abordé le thème complexe des kamikazes avec la signification et l'utilisation actuelles du terme était osé. Mais Zéro pour l'éternité s'en sort pour le moment avec brio et donne fortement envie de voir ce que la suite nous réserve. Allez, encore une bonne pioche pour Akata (qui nous gratifie de quelques pages "bonus" contenant des compléments d'informations pertinents). Et ce n'est pas fini...

 

 

Pas fini car après un shojo et un seinen, Akata Delcourt a également réussi à sortir de son chapeau un très bon shonen, chose de plus en plus rare ces derniers temps, les titres de qualité dans le genre phare du manga n'étant plus légion, loin de là. Et alors que l'on assiste à une uniformisation et un manque d'originalité criant, avec des séries sans personnalité et ne dégageant pas d'atmosphère propre. Jinbe Evolution partait donc de loin et devait posséder ce fameux petit plus qui réussirait à me convaincre de poursuivre sa lecture... Et le talent d'Hiroshi Fukuda a fait le reste. 

 

http://img.manga-sanctuary.com/big/jinbe-evolution-manga-volume-1-simple-60856.jpghttp://img.manga-sanctuary.com/big/jinbe-evolution-manga-volume-2-francaise-62312.jpghttp://www.manga-news.com/public/images/vols/jinbe-evolution-3-declourt.jpg

 

Alors que le troisième volume sortira le 13 février prochain, Jinbe Evolution réussit déjà son premier défi : passionner son lecteur et lui donner envie de découvrir la suite des aventures des samouraïs du Mushibugyô. L'histoire ne sort pas vraiment de l'ordinaire : Jinbe est un samouraï rêvant d'être fort et que le destin va conduire à Edo, rejoindre les membres du Mushibugyô, afin de combattre les insectes géants qui pullulent dans l'archipel depuis un siècle. Un père très fort, un caractère droit, un esprit nekketsu au max : Jinbe a tout du héros de shonen charismatique et attachant. Bien sûr, pour que le titre puisse continuer à intéresser sur la durée, il faut une trame de fond, du mystère, des personnages secondaires convaincants... Bref, il faut du fond. De ce côté-là, on est plutôt servi. Les fameux insectes que doivent éradiquer Jinbe et ses nouveaux camarades ont une origine totalement inconnue et leur physique parfois plus proche du robot que de l'animal intrigue. Le destin de Jinbe semble en tout cas lié à ces insectes... Et entre le père de Jinbe, impressionnant de puissance, Kotori Matsunohara, le chef du Mushibugyô, et les nouveaux collègues de notre héros, la série possède suffisamment d'atouts côté personnages pour que chacun y trouve son compte. Même les plus pervers d'entre nous puisque la jolie Haru, avec sa poitrine opulente apporte la dose de fan-service, pas forcément nécessaire mais habituelle désormais, et surtout, efficace et loin du côté vulgaire que l'on rencontre un peu trop souvent. Pour le fond, c'est donc plutôt bon. Mais un titre de qualité ne peut exister sans une forme convaincante. La principale caractéristique physique des personnages de Jinbe concerne ces coupes de cheveux improbables, avec une longueur à faire pâlir de jalousie Raiponce. L'ensemble est pourtant totalement cohérent, les personnages se complètent bien, sont parfaitement reconnaissables et possèdent ce petit plus qui intrigue et donne envie d'en savoir plus. Et lorsque l'on fait un shonen d'action, il faut aussi maitriser les scènes dynamiques et si Hiroshi Fukuda montre de réelles capacités dans ces moments, il faut aussi reconnaitre qu'il faut parfois plusieurs secondes avant de comprendre ce que l'auteur souhaite nous montrer... Pas problématique mais un poil de clarté supplémentaire ne serait pas de trop, pour que l'on puisse profiter au mieux du trait vif et puissant du mangaka. Avec 7 volumes au Japon, Jinbe Evolution connait un petit succès qui va même lui permettre de se voir adapté en animé prochainement. Et même s'il est un peu tôt pour en être certains, Jinbe Evolution pourrait bien être LE nouveau shonen phare en France, celui que l'on conseillerait pour faire découvrir un titre de qualité et qui se démarque d'une production standardisée. Et évidemment, ce titre est chez Akata...

 

 

Avec ces 3 séries, chacun devrait y trouver son compte. Les filles à la recherche d'un titre mignon seront charmées par Love so life, les lecteurs plus matures apprécieront de lire la retrospective historique de Zéro pour l'éternité et les amateurs de shonen qui dépotent sans tomber dans la banalité adoreront Jinbe Evolution. Et tout ça, c'est chez un seul et même éditeur : Akata Delcourt. C'est tout sauf un hasard... Enjoy !

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Published by ivan isaak - dans Manga et assimilés
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