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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 14:23

Connu de tous, « Le tour du monde en 80 jours » est le titre ayant fait de Jules Verne l’auteur le plus connu au monde avant 1900. Second écrivain le plus traduit au monde encore aujourd’hui (derrière Agatha Christie), Jules Verne possède une aura incroyable et, bien qu’ayant lu lors de mes années collèges l’excellent roman (d’après mes souvenirs en tout cas) « l’île mystérieuse », prendre connaissance de son impressionnante bibliographie faisait partie de mes souhaits. Et il a suffit que ma copine m’offre ce roman (ainsi que « 20 000 lieues sous les mers ») à l’occasion de mon anniversaire pour que ce souhait devienne réalité (6 autres achats ont suivi par ailleurs…)

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Mais avant de parler de ces autres œuvres (que j’essaierai de lire dans l’ordre chronologique de leur parution), commençons par ce titre célébrissime. Je pensais avoir quelques vagues souvenirs, quelques vagues connaissances du thème abordé, de l’histoire narrée. De vagues images de montgolfière notamment. Sans doute une réminiscence d’une adaptation télévisée ou du dessin animé du même nom des années 80. Ou d’une autre œuvre de l’auteur. Car ce souvenir était totalement trompeur puisqu’il n’est nullement question dans « Le tour du monde en 80 jours » de montgolfière, de près ou de loin. 

 

L’œuvre de Jules Verne peut être scindée en 2 parties distinctes, la première regroupant les romans se déroulant dans des mondes imaginaires, avec une bonne dose de science-fiction ; la seconde regroupant quant à elle les romans contemporains de leur auteur. « Le tour du monde en 80 jours » fait partie de cette seconde catégorie. Le synopsis de départ est assez simple : Phileas Fogg (dessin ci-dessous), britannique flegmatique à la vie réglée comme un coucou suisse, parie avec ses compagnons de whist (un jeu de cartes anglais très à la mode au XIXème siècle) qu’il est capable de faire le tour du monde en 80 jours, durée théorique prenant en compte les dernières évolutions technologiques de l’époque (ouverture du canal de Suez, voies ferrées, paquebots à vapeur…). Jules Verne nous propose alors de suivre le périple de ce gentleman, accompagné dans sa folle tentative par son tout nouveau majordome, le français Passepartout. Mais voilà qu’une étrange affaire de vol de bank-notes va mettre sur la piste de Phileas Fogg l’inspecteur Fix, qui va se faire un devoir de mettre la main sur le suspect numéro un du larcin…

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Au menu de ces quelques 300 pages (édition Folio Classique, annotée), Jules Verne nous propose donc une description détaillée des divers moyens de transports de l’époque afin de parvenir au but de Mr. Fogg ainsi qu’une description des peuples (de leurs coutumes, de leurs cultures) que nos héros rencontreront au cours de leur périple, le tout agrémenté d’une intrigue policière sous-jacente et d’une fine touche de romance. L’ensemble est parfaitement équilibré et même si certains retournements de situations sont prévisibles, la manière dont ils sont amenés est toujours un plus à la lecture. Le dénouement est d’ailleurs très réussi, que ce soit concernant la fameuse affaire occupant l’inspecteur Fix, le pari de Phileas Fogg ou la vie de nos héros.

 

Avec « Le tour du monde en 80 jours », Jules Verne permettait aux lecteurs de son époque d’avoir une vision du monde qui ne leur était pas forcément permise et permet aujourd’hui aux lecteurs du XXIème siècle d’avoir une vision très précise du monde tel qu’il était à la fin du XIXème. Cela est rendu possible par la faculté assez impressionnante de l’auteur de « 20 000 lieues sous les mers » et autres « Voyage au centre de la Terre » à décrire précisément et de manière concise les divers paysages parcourus par ses héros, la géographie de l’époque et les moyens pour se rendre d’un point A vers un point B, à tel point qu’un contemporain de Jules Verne aurait sans aucun doute pu refaire le parcours de Phileas Fogg et Passepartout (dessin ci-dessous) en prenant pour feuille de route le roman de l’auteur !

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e3/%27Around_the_World_in_Eighty_Days%27_by_Neuville_and_Benett_05.jpg/200px-%27Around_the_World_in_Eighty_Days%27_by_Neuville_and_Benett_05.jpg 

S’il permet d’en apprendre plus sur les moyens de transports de l’époque, « Le tour du monde en 80 jours » permet également de se replonger dans le contexte géopolitique de la fin du XIXème siècle, avec les empires coloniaux, notamment le britannique. L’influence partielle de la couronne sur le territoire indien (où certaines coutumes ancestrales demeurent) et sur l’opium en Chine offre un éclairage intéressant sur les relations entre les peuples, leurs coutumes, leurs traditions, tout comme le passage par le Japon et les Etats-Unis est émaillé de détails très intéressants. Bref, Jules Verne nous offre une véritable visite touristique du monde du XIXème siècle, dans le sens large du thème, entre consommation d’opium, voyage à dos d’éléphant et autres duels au pistolet.

 

Mais une bonne histoire ne serait rien sans des personnages au diapason. L’histoire du roman tourne bien entendu essentiellement autour de notre héros Phileas Fogg, et de son majordome, Jean Passepartout. Un duo que beaucoup oppose mais qui verra ses liens se renforcer au travers des épreuves, créant une fidélité et une dévotion réciproque. Fogg, avec une vie écrite sur du papier à musique et d’une routine hallucinante, au caractère imperturbable et constant. Passepartout, ancien membre d’un cirque, devenu domestique afin d’avoir enfin une vie casanière et qui se révèlera autant d’une aide précieuse pour son maitre (en Inde notamment), qu’un obstacle de plus sur la réalisation de ce pari fou.

 

A ces deux personnages principaux vont s’ajouter deux personnages secondaires ayant une énorme influence sur les évènements narrés. Le premier est bien entendu l’inspecteur Fix, qui n’a pour seul objectif que la capture du suspect numéro 1. Une longue filature à travers le monde, doublée d’une course contre la montre palpitante. Obligé d’accompagner notre duo lors de leur périple, il deviendra un atout non négligeable par la suite… Le second personnage secondaire important est Mrs Aouda. Princesse indienne instruite comme une britannique, elle devait être sacrifiée au nom de coutumes ancestrales d’un autre temps. Le hasard mettra Phileas Fogg et Passepartout sur son chemin, changeant irrémédiablement sa vie, tout comme celle de ses sauveurs. Une touche féminine loin d’être inintéressante, puisqu’elle apporte une touche de romance au récit, malgré une influence assez faible sur les évènements, Jules Verne lui réservant un rôle d’observatrice attentive plutôt qu’actrice.    

 

En bref, et 140 ans après sa première sortie, « Le tour du monde en 80 jours » mérite son qualificatif de chef d’œuvre. Véritable témoignage d’une époque, le roman du Jules Verne est autant une histoire palpitante, avec des rebondissements réguliers, qu'une histoire d’amour discrète ou qu'un documentaire, avec des personnages aux caractéristiques simples et efficaces, auxquels le lecteur s'attache et dont le souvenir devrait demeurer pendant quelques temps. Un titre réellement enrichissant et que l’on se doit d’avoir lu. Sur ce, je m’en vais découvrir le reste des œuvres de l’auteur, en commençant par « Cinq semaines en ballon », son premier roman. 

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Published by ivan isaak - dans Livres
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