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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 18:24

Jirô Taniguchi est un auteur qu'on ne présente plus. Baku Yumemakura est un romancier que l'on ne devrait plus avoir à présenter, notamment pour sa participation à de nombreux mangas (Le sommet des dieux, Taiten no Ken, Onmyoji...). Et les deux auteurs nous proposent donc Garôden, récit initiatique suivant Bunshichi Tanba, combattant ne vivant que pour devenir le plus fort... Ce one-shot n'est d'ailleurs pas la seule adaptation du roman de Baku Yumemakura puisque Keisuke Itadaki, le mangaka de Baki, en a également fait une série de plus de 25 volumes ainsi qu'un spin-off. Bref, c'est la version de monsieur Taniguchi dont nous allons parler aujourd'hui, un oneèshot de près de 300 pages au format 15,2 x 21,2cm.

 

http://bd.casterman.com/docs/Albums/40634/9782203047556.jpg

 

Le synopsis de l'éditeurC’est l’histoire d’une quête d’absolu. D’absolu dans le combat. La quête de Tanba a peut-être commencé pour savoir qui était le plus fort, mais quand le récit de Taniguchi et Yumemakura commence, on est déjà loin de ça. Tanba s’est formé dans les principes du Karaté, mais a découvert – à ses dépens – que les lutteurs professionnels (le catch), n’étaient pas tous des comédiens, que parmi eux se trouvaient de vrais bêtes de combat cheminant comme lui sur la voie du combat à mains nues. Il a donc développé une technique hybride, avec des percussions au poing ou au pied, et des immobilisations. Tanba a perdu un seul combat dans sa vie, contre un jeune catcheur inconnu : Kajiwara. À la suite de quoi il a passé trois ans à comprendre pourquoi il avait perdu et à se perfectionner pour se dépasser. Mais Kajiwara n’est pas resté le même non plus, il est maintenant une star du catch professionnel. Quand il revient au Japon après une carrière internationale, cela fait six ans que Tanba l’attend. Pas pour prendre sa revanche, non, un mot aussi vulgaire n’appartient pas au vocabulaire des affamés d’absolu.

 

 

Comme vous pouvez vous en douter, il est question dans Garôden de combats, mais surtout de cette drôle de quête qui fait parfois tourner la tête de certains combattants, celle d'être désigné comme le plus fort. Et c'est bien tout ce qui anime notre héros Bunshichi Tanba, ancien karatéka devenu dôjô-yaburi, c'est-à-dire un combattant mettant au défi un dôjô (pratique assez connue des lecteurs de mangas, qu'il s'agisse de Kenshin ou de Vagabond, par exemple). Cette volonté d'affronter toujours plus fort (et de gagner surtout) voit son origine dans un fait tragique qui s'est déroulé lorsqu'il avait 20 ans, avec la mort de l'un de ses senpaïs dans une rixe avec des yakuzas, sous ses yeux. A 25 ans, Bunshichi Tanba va subir une défaite le marquant profondément face à un futur catcheur professionnel, Kawajira. Cette défaite sera sa motivation suprême dans sa quête d'absolu dans le combat, qui ne pourra se conclure qu'avec une nouvelle confrontation contre son bourreau... 

 

http://www.bodoi.info/wp-content/images/S1135/garoden_image.jpg 

 

Vouloir devenir le plus fort est l'un des principaux axes des shônens de combat classiques. Evidemment, nous avons ici un seinen (avec sa dose de violence et de sexe, typique des récits mêlants combattants, mafia et quête du plus fort) qui ne s'adresse pas au même public et dont le but final est complètement différent. Néanmoins, cette trame de fond très légère peut être un frein pour certains lecteurs, qui ne pourraient aborder le sujet que superficiellement. Et pourtant, les dernières pages du titre montrent que les réflexions sur le combat, sur le sens de la vie de notre héros, de ses actions passées, présentes et futures sont loin d'être anecdotiques et le cheminement de notre karatéka/lutteur le prouve plutôt bien. Et cette dernière phrase est d'une profondeur remarquable... 

 

 

Graphiquement, Jirô Taniguchi livre un travail très propre, tant dans les scènes dites "classiques" que dans celles d'action, que cela soit dans un combat de rue ou dans une véritable lutte acharnée au sol où les prises, les clés et autres coups se succèdent. En comparaison, All rounder Meguru, de Hiroki Endo (chez Panini), est nettement moins clair dans ces actions de lutte au sol, rendant la sensation bien différente et moins "prenante". Bref, avec un titre de 1990, Taniguchi montre qu'il n'a pas grand chose à envier aux auteurs d'aujourd'hui, malgré un dessin qu'il jugeait encore perfectible sur bien des points.

 

http://www.planetebd.com/dynamicImages/album/page/large/14/18/album-page-large-14185.jpg

 

One-shot se présentant comme une réflexion sur une vie axée sur le combat et la quête du plus fort, Garôden n'est pas un chef d'oeuvre et ne fait pas non plus partie des meilleurs Taniguchi, loin de là. Mais il est très loin d'être mauvais et si le récit est efficace et bien mené, la conlusion mettant en avant l'introspection du héros mérite que l'on prenne 30 minutes pour découvrir ce titre.

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Published by ivan isaak - dans Manga et assimilés
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